Institut des Territoires Coopératifs

29 avril – Autochtones

Samedi dernier à Gaspard, nous étions avec les membres du collectif « De l’eau aux moulins » pour la rencontre informelle qui précède la journée d’échanges. La majorité des présents étaient des « néo-locaux », des personnes installées à Murat, mais venant d’ailleurs. Françoise, originaire de Neussargues à quelques kilomètres, était également présente. Nous connaissons Françoise puisqu’elle est également en charge d’un projet MCDR, RENFORT, qui entend contribuer au développement de stratégies efficientes de gestion des forêts dans le cadre du développement des territoires.

Ensemble, nous évoquons le fait que de nombreuses initiatives peinent à mixer les néo et les autochtones. Françoise évoque alors un pan de l’histoire de Murat, étudié par des sociologues il y a quelque temps, qui expliquent une certaine méfiance des « étrangers ».

Aujourd’hui, nous profitons d’une journée tranquille à Murat pour faire quelques recherches. Nous ne trouvons pas les travaux cités par Françoise, mais relevons des épisodes de l’histoire de Murat qui nous interpellent.  

Lors de la 2ème guerre mondiale par exemple, de nombreux actes de résistance ont lieu dans le Cantal. En représailles, les nazis arrêtent le 24 juin 1944 tous les hommes se trouvant en ville : parmi les 120 personnes déportées, 80 ne reviendront pas.

Le site internet de la ville mentionne d’autres d’événements historiques où la ville, enviée et convoitée par d’autres, fut soumise au pillage ou à la destruction.

Ces lectures nous rappellent notre itinérance en Ardèche en 2016 lors de laquelle nous avions noté quantité de signes encore visibles, du refuge que de nombreuses populations persécutées avaient pu trouver là, que ce soit dans le passé lointain de la Réforme, ou celui plus récent de l’Occupation. En Ardèche, nous voyions dans cette histoire du territoire une tradition de tolérance dont nous trouvions l’expression dans la cohabitation fréquente entre néos et autochtones dans les projets collectifs, et notamment les projets alternatifs.

Il est trop tôt, et nous n’avons pas assez d’informations pour faire un lien entre l’histoire du territoire du Muratais et le fait que les populations semblent relativement peu se mélanger, mais la mise à jour de cet implicite pourrait être utile à la réussite de la politique d’attractivité et d’accueil dans laquelle les collectivités locales se sont engagées.


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