Institut des Territoires Coopératifs

29 septembre – « Notre village se regarde mourir »

Le paradoxe Saint Denis de Gastines – Châtillon-sur-Colmont

Nous avons quitté ce matin St Denis de Gastines pour reprendre notre chemin et nous diriger en deux jours vers Mayenne, prochaine étape pour deux rencontres et une conf’échanges. Nous arrivons en cette fin de matinée à Châtillon où nous allons faire notre premier arrêt en chambre d’hôtes.

Notre « hébergeant » n’étant pas encore présent, nous flânons dans ce centre-bourg à la découverte de ce qui se présente à nos yeux. Anne se dirige vers une petite épicerie pour voir ce que le village propose. Pour nous qui traversons le territoire à pied, avec le besoin de nous loger et d’y trouver nourriture, l’épicerie a de fait un grand intérêt !

C’est aussi souvent l’occasion d’échanger avec des habitants qui nous montrent leur propre représentation de leur territoire… Dans notre travail de mise en lumière de l’implicite du territoire, ces autres regards, représentations et perceptions sont précieux : nous les mettons en lien avec les propos tenus par les personnes que nous découvrons dans nos rencontres avec les collectifs.

Ce matin c’est une habitante qui à sa sortie de l’épicerie interpelle Anne. Voyant nos sacs à dos, elle lui demande si nous empruntons le chemin qui mène au Mont St Michel… Quelques rapides échanges permettent de clarifier les raisons de notre passage et de répondre ainsi à la curiosité de cette personne.

A la surprise de Anne, cet échange vient confirmer par un étrange contraire ce que nous venons de vivre ces deux derniers jours de Vautorte à St Denis. Là, les chemins de bocage relient les hommes (voir cette chronique). Ici, cette personne « s’accroche » à ce dernier chemin restant vers le Mont St Michel et qui est destiné à être supprimé sous peu par un détournement du village. Elle y voit la fin des passages de randonneurs, mais aussi la fin des randonnées organisées par les associations. « Et pourtant c’est très joli autour de notre village, mais maintenant il faut prendre la voiture pour trouver un chemin de randonnée entretenu et répertorié » nous dit-elle. « Nous sommes un village qui se regarde mourir… »

Nous retenons de ces échanges le caractère vital du lien, et l’absolue nécessité d’entretenir tout ce qui permet de le conserver, à commencer par les chemins.


Des chevaux dans le bocage, et des panneaux indicateurs qui témoignent de l’habitat bocager, dispersé.

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