Institut des Territoires Coopératifs

28-septembre – Au Foin de la Rue

Saint Denis de Gastines (Mayenne) – Rencontre avec les acteurs de l’association Au foin de la rue, et de ses partenaires du villages, l’EHPAD, ses résidents, l’Harmonie, les paysans…

Son action

Extraits du site internet de l’association : Créée au début de l’année 2000, l’association Au Foin De La Rue est née de la volonté de quelques passionnés de faire venir la culture en milieu rural. Dix-huit ans plus tard, ce mot d’ordre est devenu la marque de fabrique des événements organisés par l’association qui propose à l’année une offre culturelle sur le territoire, axée sur la musique.

L’association organise le festival Au Foin De La Rue le premier week-end de juillet, le festival Les Foins d’Hiver, le rendez-vous familial Au Foin De La Lune en septembre et quelques dates ponctuelles (soirée Cabaret, soirée concert avec la saison culturelle de l’Ernée…). Tout au long de l’année, grâce à des initiatives fortes et un travail en réseau sur le territoire, les actions culturelles réunissent des publics variés le plus souvent autour de projets en lien avec les événements.

Ce qu’ils retiennent de la journée

Des résonances avec nos travaux

Avec tous les collectifs que nous rencontrons désormais, nous reprenons dans notre journal d’itinérance trois points clés que la rencontre a permis d’explorer et de questionner.

Saint Denis de Gastines serait-il un village coopératif ? En tout cas, il s’y passe clairement quelque chose d’assez particulier. Pour le comprendre, ce n’est pas les 20 dernières années (l’âge du « Foin de la rue » qu’il faut remonter, mais les 50, et sans doute plus. La culture de l’engagement s’y est transmise, de génération en génération. A chaque fois que les habitants ont senti qu’ils pourraient perdre cette culture, ils ont su le prendre en compte, et agir pour ne pas la perdre. Par exemple, quand les adultes voient de moins en moins de jeunes à l’Harmonie municipale, ils reprennent des cours de musique et s’y engage eux-mêmes à nouveau… et les jeunes reviennent. La photo de la page Facebook du groupe parle d’elle-même. D’où vient cette aptitude à transmettre ?…

Elle vient d’une aptitude très développée chez les acteurs que nous avons rencontrés : les collectifs que nous y rencontrons sont construits autour d’une valeur commune simple et partagée : chacun à de l’importance et doit donc avoir une place au sein du collectif, de manière inconditionnelle. Le bénévole qui donne 1h de son temps sera considéré autant que celui qui donne beaucoup plus. Les responsables apprennent à laisser la place, et apprennent ainsi à attendre (le temps que d’autres la prennent), à être surpris, à être remis en question, à obtenir des résultats différents de ceux qu’ils attendaient… Le résultat est un territoire très tissé, qui comme le bocage qui nous entoure, donne un double sentiment de liberté et de sécurité. Autour de la table aujourd’hui il y a des responsables et salariés du « Foin de la rue », mais également de l’Harmonie municipale et de l’EHPAD, un résident de l’EHPAD et des agriculteurs du territoire. Le village est maillé, chacun y est attentif à l’autre, chacun apprend de l’autre, la coopération qui se développe est ouverte vers les autres, et sans surprise, elle devient contagieuse et la toile s’étend peu à peu au territoire intercommunal…

Néanmoins, sachons rester attentifs aux signaux faibles avant qu’ils ne deviennent forts : nous avons rencontré des collectifs qui soignaient tant leur coopération ouverte, avec les partenaires et acteurs à l’extérieur de leur propre organisation, qu’ils pouvaient en oublier de développer cette même ouverture au sein du collectif.

Le troisième point qui ressort de notre rencontre à Saint Denis est peut-être l’ingrédient essentiel à ce système vertueux. Il s’exprime dans l’un des principes d’action de la coopération que nous formulons comme l’espace à habiter entre transformation sociale et transformation personnelle. Aujourd’hui, nous n’avons cessé de faire des allers-retours entre le niveau personnel et le niveau collectif, à mettre en évidence les récursions entre le « Je » et le « Nous ». « Être bénévole au Foin de la rue, cela me construit » dit Valérie. « Avoir des responsabilités m’oblige à apprendre à attendre, à lâcher prise ». Lorsque nous questionnions le groupe sur l’obstacle à leur action, la première réponse est « nous-mêmes », signe d’une conscience aigüe qu’on ne peut espérer être co-auteur d’une œuvre commune sans travailler à sa propre transformation.


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