Institut des Territoires Coopératifs

7 octobre – Venir… et revenir !

Résumé : D’un collectif à l’autre, une même personne ne s’implique pas dans la de la même façon. Témoignages : se questionner pour avancer.

Nous souhaitons aujourd’hui vous faire partager de manière concrète une illustration des apprentissages qui peuvent se faire au cours de nos rencontres pour celles et ceux qui sont ‘autour de la table’, et des actions qui en découlent pour ces personnes.

Nous avons choisi de vous parler d’Yvonne. A la rencontre du soir, elle nous fait savoir en se présentant qu’elle est censée être également présente dans un autre collectif deux jours plus tard. Elle se pose alors la question de revenir et surtout de la pertinence d’assister à 2 rencontres du soir et deux journées de travail qu’elle imagine à cet instant identiques… Et très naturellement, le besoin d’optimiser le temps oriente sa décision vers une annulation de tout ou partie de la seconde rencontre.

A aucun moment nous n’intervenons pour faire basculer sa décision. Notre processus de travail est construit pour permettre à chacune et chacun d’être co-auteur de la rencontre et donc d’être en mesure de ‘décider’ d’en être ou pas. C’est le premier temps du processus coopératif : un espace informel, sans autre intention que se connaître, se découvrir et découvrir nos projets respectifs.

A l’issue de de la soirée et de la journée de travail du lendemain, Yvonne souligne l’importance qu’a eu pour elle la rencontre du soir et présuppose à ce moment être des nôtres pour une partie de la rencontre suivante… Finalement, elle va se joindre à nous pour la seconde rencontre du soir, puis la journée avec l’autre collectif. Et elle souligne combien le contenu des échanges est tout aussi intéressant que différent de la première rencontre, bien que le processus soit rigoureusement le même.

Pour compléter, nous vous faisons partager le témoignage de Christine[1] pour qui le « venir et revenir » a généré une compréhension de son propre fonctionnement et surtout des ressorts implicites de sa motivation.

« Mon propos est d’approfondir la question de deux vécus très distincts de la perception des 12 dialogies dans la situation d’un collectif ou d’un autre. Je ne suis pas certaine d’être tout à fait conforme à mon ressenti d’alors mais je vous donne quelques fils à tirer : d’un collectif à l’autre, on ne pointe pas les mêmes dialogies. C’est évident mais intéressant à constater. La différence fondamentale réside dans le renvoi sensible à mon propre fonctionnement (comportement, psychologie, relationnel… identité). Ce renvoi sensible est manifeste dans le « collectif des moulins » où je lis les dialogies autant comme une grille d’analyse personnelle sur un mode introspectif que comme une grille d’analyse du fonctionnement et de l’ADN du groupe avec des curseurs mobiles à faire naviguer à l’intérieur en fonction des contextes. Le renvoi introspectif était en revanche totalement inexistant pour moi dans le cadre de la journée avec vous à ma coopérative d’activités et d’emploi : pas d’accès à mon logiciel sensible.

D’un côté : un collectif où je m’exprime, je participe à la réflexion collective, à l’action et aux décisions. Espace créatif + Co-construction, stade du démarrage.

De l’autre côté : un service d’accompagnement déjà construit avec un fonctionnement prédéfini que j’utilise tel quel (consommation) plus un réseau d’entrepreneurs auxquels je peux, si j’en ai le désir et l’énergie, proposer des initiatives croisées.

Pour faire œuvre, il faut pouvoir opérer, donc avoir un « espace » pour le faire. La posture de consommation inhibe probablement l’espace de création et donc le pouvoir d’agir et d’interagir. Intellectuellement je peux raccrocher éventuellement cela à 2 principes dialogiques que l’on pourrait relier : rôle & identité / place que l’on prend & place qu’on laisse
Mais ce qui est intéressant c’est de le ressentir ou pas dans un contexte ou un autre ».

Christine, investie dans plusieurs collectifs qui ont accueillit l’Observatoire de l’Implicite.

Les témoignages de Christine et celui d’Yvonne montrent l’intérêt de ne pas considérer le processus de l’Observatoire de l’Implicite comme un protocole que l’on aurait bénéfice à suivre une fois, mais bien comme une gymnastique réflexive à adopter. A chaque mouvement de cette gymnastique, un apprentissage se produit. En exerçant cette gymnastique dans un premier contexte, j’apprends sur le second. Et ce faisant, je réapprends sur le premier… Nous voyons là une boucle récursive à l’œuvre, boucle génératrice… et re-génératrice.

[1] Nous avons changé le prénom et le nom des collectifs pour des questions de confidentialité.


Petit-déjeuner au départ de Saint-Fraimbault, vergers, bocage, panneaux indicateurs significatifs de la structure du territoire, l’église de Notre Dame sur l’Eau en arrivant à Domfront-en-Poiraie, le lavoir et l’implication citoyenne…

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