Institut des Territoires Coopératifs

9 octobre – Joinville, Territoire Zéro Chômeur – Un an après

Il y a un an, nous faisions notre 5ème itinérance, et passions à Joinville, en Haute Marne, rencontrer les acteurs de « Nouvelle Equation », association née pour porter une initiative Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée. Ce matin, nous recevons un courriel de Martin Gricourt qui anime l’association. Nous souhaitons partager cet échange avec vous car il est révélateur du « Développement par la coopération », intitulé du projet qui nous mobilise depuis 2018 :

Bonjour Patrick, bonjour Anne,
Je me permets de revenir vers vous, premièrement, pour avoir quelques nouvelles : j’espère que vos itinérances normandes se passent bien et que vous tirez le meilleur des diverses rencontres que vous avez l’opportunité de faire.
Bientôt un an depuis votre visite à Joinville, nous en gardons un superbe souvenir. Il n’est pas chose aisée de faire vivre un collectif si divers que le nôtre, difficulté à laquelle s’ajoute l’absence d’horizon pour le vote de la seconde loi d’expérimentation… Face à cela, vos principes d’action de la coopération demeurent une grande source d’inspiration et de compréhension.
Je profite de ce courriel pour solliciter votre autorisation pour manipuler, au cours d’une table ronde que j’animerai, vos principes d’action. L’idée est de discuter des liens entre coopération et développement, en interrogeant des acteurs de l’ESS et de l’économie dite “classique”.

En partant du postulat que la coopération produit du développement, nous discuterons des moyens pour mettre en action la coopération. J’aimerais ainsi proposer une lecture de 4 de vos principes (nous n’aurons pas le temps d’aborder les 12) afin de permettre l’émergence de témoignages, de situations vécues, faisant écho à ces principes. Il s’agira d’aboutir à la conclusion que la coopération est une pratique qui s’acquiert par un apprentissage long et complexe, sans mode d’emploi (=maturité coopérative). Mais surtout, pour vous citer, “il faut le vouloir et le décider”.
L’objectif n’est pas de proposer une synthèse de vos travaux (je ne les maitrise pas suffisamment pour cela), mais bien de les utiliser comme prétexte / point de départ d’une discussion. Je m’engage par ailleurs à vous mentionner, ainsi que votre site internet pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus.

Je reste à votre disposition pour tout complément d’information.
Au plaisir de vous lire,
Martin

Bien sûr, nous avons donné carte blanche à Martin pour mener sa table ronde : cette appropriation par les acteurs eux-mêmes des dialogies qu’ils nous ont permis de mettre en évidence est notre objectif premier, raison pour laquelle nos travaux sont tous sous licence « Creative Commons ». Et puis nous avons demandé à Martin de nous en dire un peu plus sur les dialogies qu’il avait décidé de retenir. Voici sa réponse. Elle met en lumière le caractère très opératoire des 12 principes d’action de la coopération.

Bonjour,

Je vous remercie pour votre réponse. C’est avec plaisir et enthousiasme que nous vous accueillerons à nouveau en 2020.
Concernant l’organisation de notre table ronde sur la coopération, les quatre dialogies que j’ai retenues sont celles qui me semblaient les plus faciles d’appropriation sur un temps réduit, même s’il y a dans ce choix beaucoup d’arbitraire :
– Entre agir ensemble et penser ensemble : me parait capital et “facile” à faire résonner parmi les acteurs présents. Nous parlerons du projet TZCLD qui précisément propose d’inclure les personnes privées durablement d’emploi dans la réflexion, pas seulement dans l’action, mais cela pose bien entendu des difficultés que nous relaterons. Nous élargirons la réflexion au rôle des collectivités : leur mission dans l’ESS est avant tout de stimuler l’innovation sociale. A ce titre, n’ont-elles pas une carte à jouer pour permettre / favoriser / enclencher le “penser et agir ensemble” ? Question dont nous discuterons, sans idée préconçue.
Entre les questions qui se posent et les réponses à apporter : cette dialogie nous permettra d’aborder la gestion des enjeux, des difficultés (notamment l’appréhension de l’inconnu dans le projet TZCLD et comment vivre avec, en acceptant que toutes les réponses ne soient pas à notre portée).
Entre la place qu’on prend et la place qu’on laisse : une dialogie qui m’avait particulièrement marqué… Accepter de partager le leadership, faire en sorte que tout acteur puisse trouver sa place… Cela nous permettra de questionner la place des entreprises marchandes : quelle place ont-elles pris / leur a-t-on laissé dans les différents projets solidaires / d’insertion dont il est question ? Élargir ensuite en questionnant les raisons de leur engagement.
Entre ce que nous sommes et ce que nous voulons être : nous aborderons essentiellement l’aspect collectif de cette dialogie. Nous questionnerons le territoire, son histoire, sa géographie, sa situation… Et réfléchirons si cela facilite / handicape la coopération. Nous questionnerons à nouveau le rôle des collectivités, qui semblent pouvoir ici revêtir un rôle majeur.

N’hésitez pas à me faire part de vos remarques.
En vous souhaitant une belle journée,
Amicalement,
Martin


Encore une journée au cœur du bocage, à marcher dans les chemins creux, entre Domfront et Flers, au lieu dit de La Bocagerie (commune du Châtellier), les vestiges des structures d’acheminement du minerai de fer vers les hauts fourneaux du Nord de la France.

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