Institut des Territoires Coopératifs

21 avril – Paris-Aurillac : Vitesse & disparités

Départ de Paris à 12h50, arrivée prévue à Clermont-Ferrand à 16h33. Près de 3h45. La SNCF met désormais à disposition une plate-forme Open-data qui permet de suivre l’évolution des temps de transport. Indéniablement, dans les 60 dernières années, les temps de trajet entre Paris et les grandes villes régionales ont fondus. Tant et si bien que Le Monde titrait en 2017 « Comment le TGV a rétréci la France ». Les cartes et les animations de cet article sont éloquentes : la plupart des liaisons ont été divisées par plus de 2. Sauf que… en creux, la carte montre également les disparités régionales. Entre 1950 et 2018, le temps pour rejoindre en train Clermont au départ de Paris est passé de 250 minutes à 190, soit une diminution de seulement 25% (source SNCF). Et encore, ce temps de 190 minutes s’applique à l’unique train quotidien sans arrêt. Notre trajet à nous sera de 225 minutes. Plus inquiétant, ce temps était de 180 minutes entre 2008 et 2014, mais depuis, les trains ont du être ralentis du fait de la dégradation des infrastructures.

Une fois à Clermont-Ferrand, nous prenons le train pour Aurillac. 2 heures et 25 minutes de plus pour parcourir les 150 kilomètres entre les deux préfectures. Selon l’ouvrage de Pierre-Henri Émangard « De l’omnibus au TER » cité par Wikipédia, « la vitesse commerciale des TER [en Auvergne] reste malgré tout parmi les plus faibles de France, avec une moyenne de 57 km/h résultant pour l’essentiel du tracé et du profil difficiles de la majorité des lignes ». En 2016, le diagnostic de SNCF Réseau, cité par La Montagne, sur les lignes ferroviaires d’irrigation en Auvergne-Rhône-Alpes est inquiétant : « En de nombreux points, la sécurité risque de ne plus être assurée à brève échéance conduisant l’établissement public à anticiper des aménagements ou des fermetures ». Et spécifiquement sur le tronçon Clermont-Aurillac : « La traversée de cinq gares (Vic, Le Lioran, Murat, Neussargues et Massiac) est « critique ». De même que l’état de sept tunnels dont celui du Lioran « à traiter rapidement, voire en urgence ». »

Des éléments qui interrogent sur les priorités du développement ferroviaire, privilégiant la très grande vitesse et les métropoles, au détriment des « trains du quotidien » et des zones rurales. Voir à ce sujet, la grande enquête de Reporterre.



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